Quentin Rochedreux – ostéopathe posturologue – bordeaux bacalan

Je suis ostéopathe et je suis actuellement un Diplôme Interuniversitaire (DIU) de posturologie clinique, une discipline qui s’intéresse à expliquer et comprendre les mécanismes de la posture, de l’équilibre et de la locomotion.
Dans ce cadre, je rédige actuellement une revue de littérature scientifique consacrée à l’impact de la douleur chronique sur le contrôle postural.
Les données actuelles montrent que la douleur chronique ne se limite pas à un symptôme local, mais qu’elle modifie profondément la manière dont le corps se repère, se stabilise et s’adapte à son environnement. Pourquoi ? Comment ?
Voici quelques éléments clés issus de cette littérature ![]()
Ce que l’on constate dans la littérature, c’est que quand une douleur s’installe dans le temps, le problème n’est plus seulement mécanique ou local.
Plus la douleur dure, plus le corps modifie ses stratégies de régulation pour se protéger! On s’aperçoit que les informations venant des muscles, des articulations et du dos deviennent moins fiables pour notre cerveau et que le corps a tendance à se rigidifier.
Ce que l’on retrouve généralement, c’est que le cerveau sur-utilise la vision pour maintenir l’équilibre +++ et cela se traduit aussi par des ajustements posturaux qui deviennent moins précis et moins adaptables.
La ou ca devient intéressant en clinique du coup…
La posturologie clinique permet d’observer comment le corps s’organise face à la douleur dans la durée !
En évaluant le contrôle postural dans différentes conditions (yeux ouverts, yeux fermés, support stable ou instable), il ne s’agit pas de rechercher une « mauvaise posture », mais de comprendre :
comment les informations sensorielles sont utilisées,
quels capteurs sont sous- ou sur-sollicités,
quelles stratégies de compensation se sont installées avec le temps.
Pourquoi agir sur le contrôle postural peut aider dans la douleur
Travailler sur le contrôle postural ne consiste pas à forcer le corps à être plus stable ou plus droit.
L’objectif est plutôt de :
redonner de la fiabilité aux informations corporelles,
diminuer les stratégies de protection excessives,
améliorer la capacité du corps à s’adapter sans se crisper.
En rendant le système plus cohérent et plus lisible, on réduit l’état d’alerte permanent et on crée un contexte favorable à une diminution de la douleur.
Les essais cliniques récents montrent que des approches sensorimotrices et un accompagnement personnalisé peuvent avoir un impact direct sur la douleur et la fonction, notamment dans la lombalgie chronique.
Idée clé à retenir
La posturologie clinique ne cherche pas à expliquer la douleur,
mais à comprendre comment le corps vit avec elle —
et comment l’aider à sortir d’un état de protection durable.
Voici quelques références bibliographiques que j’ai utilisé :
The effect of chronic low back pain on postural control during quiet standing: A meta-analysis https://www.nature.com/articles/s41598-023-34692-w
Effect of Graded Sensorimotor Retraining on Pain Intensity in Patients With Chronic Low Back Pain (RESOLVE Trial, JAMA)
Postural sensorimotor training versus sham exercise in chronic low back pain
Short-term effect of neurophysiological education and sensorimotor retraining in chronic low back pain
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25887550/
Proprioception and chronic musculoskeletal pain
Postural control alterations in chronic low back pain: systematic review





